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Végé ou pas végé, telle est la question.

written by La Vie Couleur Jade 23 mai 2017

Photo: Fab’zz 

Attention: Cet article ne comporte aucun jugement et aucune malveillance envers qui que ce soit. Il s’agit de mon avis et de mon expérience. Enjoy!

J’ai toujours été habituée à manger de la viande à tous les repas, ou presque et je n’ai jamais vu de mal à ça. J’aime la viande, ou plutôt, j’adore la viande! J’adore le pâté, les rillettes, le foi gras, un bon steak fritte bien saignant… Seulement voilà.

Depuis que je vis à Lyon (bientôt deux ans), je me suis découverte et j’ai aussi découvert des aspects de ma vie qui ne me plaisaient pas ou plus forcément. A vrai dire, j’ai vécu une grande période de remise en question, sur moi, sur mon mode de vie et son impact sur le monde. Et j’ai attendu ce moment de ma vie pendant très longtemps. Il y a un tout petit peu plus d’un an, j’ai donc pris la décision de ne plus manger de viande. Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de ce sujet, de ce que ce choix a déclenché dans ma vie.

A force de renseignements, j’ai fini par comprendre quelque chose qui m’a fait un bien fou. Sans parler d’arrêter l’alimentation carnée ou pas, j’ai ouvert les yeux sur un sujet fondamental: NON manger de la viande n’est pas normal (du moins tous les jours) et OUI notre consommation excessive de viande fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal. A la planète, aux animaux, et aux hommes. En bref, cette révélation m’a fait l’effet d’une bombe en pleine face. Tout mon mode de vie et d’alimentation, ma façon de pensée même, ont été chamboulés. Et là: frustration. Moi j’aime les rillettes de porc sur une tranche de pain avec des cornichons. Je raffole du Big Mac au Mcdo. Mais pourtant tout ce que j’ai pu voir, lire, entendre sur le sujet me donnait envie de vider mon congélateur. J’ai alors entamé un long processus de réflexion et de recherches. J’ai lu plusieurs livres traitant du sujet et j’ai appris un tas de choses, parfois même des choses ne touchant pas seulement au végétarisme. Parce qu’au final se renseigner sur le végétarisme c’est se renseigner sur la science, l’économie, l’écologie, l’éthique, l’histoire… Je me suis rendu compte alors, une fois de plus, que le savoir était une arme et que j’avais le libre arbitre, le choix de décider ou non de changer les choses à ma manière et à mon échelle.

En dehors d’avoir envie de préserver mon corps et ma santé, l’idée de faire quelque chose de bien pour ma planète (comme j’essaie de le faire depuis quelques temps avec ma réduction de déchets par exemple) et pour les autres (par les autres j’entends les hommes et les animaux) me rendait tellement bien. Bien dans ma tête, enfin. Quelque chose que je n’avais pas ressenti depuis longtemps. J’ai eu comme un poids en moins sur la conscience, sur mon cœur, sur mon quotidien. Non pas que j’étais malheureuse avant, mais en tout cas j’étais plus heureuse tout à coup. J’avais l’impression que ce que je faisais avait un sens, que j’avais ouvert les yeux, trouvé une sorte de vérité. Je me sentais mieux du fait de savoir que sans parler d’être « quelqu’un de bien », j’étais quelqu’un de meilleur.

Alors, oui je sais les végétariens et végétaliens passent souvent pour les membres du secte. Ils sont volontiers stéréotypés: dreadlocks, t-shirt GreenPeace et ne se lavent qu’une fois par semaine. Ils ne travaillent pas, fument du cannabis et courent tous nus entre les arbres de la forêt où ils habitent. Tristes préjugés, bien qu’hilarants! Mais non, les végétariens que je connais ne font rien de tout cela et moi non plus! A vrai dire, je refuse de faire parti d’une catégorie quelle qu’elle soit. Je suis une personne unique, comme vous tous, et me suis construite à travers bien des épreuves et bien des bonheurs, grâce à moi-même et grâce aux autres. Je suis une palette de couleurs immense avec des goûts, des préférences, des compétences, des qualités et des défauts, comme vous. Le fait d’arrêter de manger de la viande ne m’insère pas dans un moule quelconque. Je ne suis pas Jade la végétarienne, comme j’ai parfois eu l’impression de l’être. Je suis Jade et pleins de choses derrière. Ce qui peut-être pénible quand on arrête de manger de la viande, c’est cette impression que ce mode d’alimentation devient subitement votre spécificité. Ce qui vous définie. Mais non, bien que je sois fière d’avoir fait ce choix pour moi, mais avant tout pour les autres. Et NON je ne pointe personne du doigt.

En en parlant et en lisant beaucoup de témoignages, j’ai remarqué une chose: les non-végétariens se sentent à 98% accusés de manger de la viande quand on leur parle du végétarisme. Les réactions sont souvent renfermées, outrées, voire agressives. Quel dommage. C’est pour cela que je suis en général réticente à parler de ce choix avec des gens que je ne connais pas suffisamment bien. De part l’éducation que j’ai reçue et de part ma nature aussi, je suis quelqu’un d’ouvert qui n’est jamais fermée à la discussion. J’estime seulement qu’il y a deux types de débats, ceux que j’aime: animés, avec des gens qui cherchent à savoir et à comprendre. Et ceux que je fuis: les débats stériles commencés dans l’unique but, déjà à la base, de nous mettre en tord. Ceux avec des gens qui sont déjà sûrs d’une chose dès le début: ils veulent seulement vous montrer que vous avez tort et qu’ils ont raison, sans chercher outre mesure à en savoir plus. Je pourrais aussi appeler cela de la provocation. Et ce genre de discussion ne m’intéresse pas. Elles n’apportent rien, ni à moi ni aux autres.

 Je pense que si certaines personnes ne comprennent pas le végétarisme, c’est parce qu’ils ne veulent pas le comprendre. Ils ont souvent la flemme et aiment vivre avec leurs œillères, car se renseigner (qui ne veut pas dire se convertir mais seulement savoir d’où provient ce que l’on mange et comment il a été produit) est très simple au jour d’aujourd’hui. Prenez mon copain par exemple. Ce la fait deux ans que l’on vit ensemble. Quand j’ai décidé de ne plus manger de viande il était primordial pour moi qu’il comprenne. A aucun moment je ne lui ai demandé de devenir végétarien. J’avais juste besoin qu’il comprenne ma démarche. Il s’est renseigné à mes côtés, m’a observé dans ma transition. Aujourd’hui il mange de la viande, mais il sait comment elle est arrivée dans son assiette. Il en est conscient et ça, c’est vraiment très important, c’est absolument tout ce que je lui demande. Je pense que beaucoup de gens aiment seulement rester dans leur confort et ne pas se risquer à ouvrir les yeux. Je le sais, je l’ai fait pendant toutes ces années. Combien de fois j’ai dis « Ouais bah c’est bien gentil les animaux tout ça, mais moi j’aime trop la viande! »? Qu’on ne connaisse pas les effets néfastes d’une consommation de viande quotidienne sur notre santé à la limite, ça passe. Les médias et les industries agro alimentaires aident beaucoup. Qu’on ne soit pas au courant que la production de viande soit l’une des premières causes de la pollution de la planète, ok. Qu’on ignore par la même occasion que des populations comme les indiens d’Amazonie meurent et voient leur habitat dévasté pour la seule production de steaks, ça passe aussi. Moi-même je l’ai appris il y a peu. Car on est souvent loin d’imaginer que le seul fait de manger de la viande ait autant de conséquences. Saviez-vous que si nous ne produisions plus de viande, la faim dans le monde n’existerait pas? Mais tout le monde, sans exception, sait ce qu’il se passe dans les abattoirs. Peut-être pas exactement, peut-être qu’ils ne mesurent pas l’ampleur de la chose, moi-même j’en suis toujours choquée. Mais tout le monde sait que les conditions d’abattage des animaux sont atroces. Inhumaines. Injustes. Par pitié qu’on m’épargne les « en France c’est pas comme ça, tous les abattoirs font pas ça », c’est FAUX. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi les seules images internes de ces établissements ne passaient pas à la télé? Pourquoi celles que l’on connait proviennent de gens qui s’y sont infiltrés pour filmer en caméra cachée? On emmène nos enfants visiter des fermes pédagogiques, des centres de tris des déchets… Pourquoi on ne les emmène pas visiter des abattoirs? On leur apprend comment on récolte des carottes, mais pas comment arrive la viande dans leurs assiettes? Pourquoi, si l’abattage des animaux n’est pas si terrible, si cruel que ça? Parce qu’on tue. Et qu’on le fasse en leur caressant la croupe ou en les battant, on les tue quand même. Qu’on m’épargne également le « C’est la nature, la loi du plus fort » et l’éternel « On a besoin des protéines animales »! A ça je réponds simplement: FAUX, FAUX, et archi FAUX. Dans 100% des cas ces discours sont tenus par des gens qui ne se sont jamais renseignés sur le sujet et ne savent pas de quoi ils parlent (je ne les blâme pas). Mais c’est essentiellement pour cela que je ne veux pas débattre sur le végétarisme: depuis quand on débat avec des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent? A quoi cela mène? J’ai une réponse à chacune de ces remarques. Une réponse fondées, prouvée, logique. Mais comme je l’ai dit plus haut, mon mode d’alimentation ne concerne que moi après tout!

Quand je regarde tous ces témoignages de gens qui ont choisi de devenir végétariens et qui se sont fait moqués voire engueulés. Je trouve ça nul et je trouve ça dommage. Je pense que comme tout, comme le racisme, l’homophobie, l’Homme a peur de ce qu’il ne connait pas. Et l’Homme mange de la viande au quotidien depuis trop longtemps pour envisager une seconde s’en passer. Moi j’ai envie de faire ce choix pour toutes les valeurs que cela véhicule et auxquelles je tiens. Je pense que si ça me rend heureuse alors c’est ce qui importe. Je pense aussi être une adulte assez responsable et lucide pour ne pas le faire n’importe comment. Se sentir en harmonie avec ce que l’on fait, c’est très important.

Gandhi a dit : « Le secret du bonheur, c’est l’alignement entre ce que vous dites, ce que vous pensez et ce que vous faites »

Ici la vidéo de la conférence de Gary Y., qui m’a chamboulé et ouvert les yeux. Attention cette vidéo contient des scènes choquantes! Mais vous êtes prévenu avant chacune d’entres elles donc vous pouvez passer facilement ces séquences. Hormis ces deux passages il s’agit d’une conférence, et non d’un reportage alimenté en images plus choquantes qu’autre chose (bien qu’elle reflètent malheureusement la réalité). Cette vidéo est très instructive, je vous la conseille vivement même si vous ne comptez pas vous convertir au végétarisme/végétalisme, mais seulement savoir d’où provient ce que vous mangez.

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Mon chemin vers le végétarisme: Un an après, les dessous de ma transition. 21 juin 2017 at 14 h 05 min

[…] aussi pourquoi j’ai fais des écarts. Surtout que moi, et vous le savez si vous avez lu mon premier article concernant le végétarisme, j’aime la viande! J’adore et non, honte à moi, ça ne me […]

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