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Une vie de Guy de Maupassant.

written by La Vie Couleur Jade 21 juillet 2016

Auteur: Guy de Maupassant

Edité chez: Folio

Publié en: 1883

« La vie, voyez-vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais, qu’on croit. »

Afin d’assouvir mon envie de lire des classiques, j’ai jeté mon dévolue sur Une vie qui m’a été prêté. J’ai déjà lu ce livre il y a quelques années dans le cadre de mes études et je me souviens de l’avoir apprécié (ce qui sans se mentir est plutôt rare concernant les livres que j’ai lus à l’école).

Mon résumé:

Une vie est le premier roman de Guy de Maupassant. Il a été publié en 1883, tout d’abord sous forme de feuilleton puis en livre. Ce roman relate la vie de Jeanne, jeune fille de l’aristocratie française de 17 ans, sensible et pleine de douces illusions. Jeanne ne rêve que d’une chose depuis toujours: trouver le grand amour, le vrai et fonder avec lui une famille. Au sortir du couvent elle rencontre un homme, Julien De Lamare avec qui elle se mariera très vite. Mais Jeanne va rapidement être rattrapée par la dure réalité et aller de désillusions en désillusions.

Mon avis:

Dès le début du récit, le personnage de Jeanne est figé. Une jeune fille rêveuse, bercée par des illusions, presque niaise. Elle sort d’un couvent où elle a laissé libre cours à son imagination quant à sa vie future durant des années, l’idéalisant au plus haut point. Alors, quand vient le moment de commencer sa « vraie vie », la jeune fille trépigne d’impatience et ne rêve que d’amour et d’aventures. Jeanne en tout point peut agacer le lecteur dès le début du roman, ce fut même mon cas. On a vite une irrépressible envie de la secouer en lui disant « réveille-toi ma grande! ». Pourtant, il faut prendre en compte le contexte de l’époque dans lequel elle se trouve (c’est-à-dire les mœurs et la condition féminine) et on comprend vite en les comparant avec notre époque le comportement de la protagoniste. Finalement, ayant remis les choses dans leur contexte, Jeanne a fini par m’attendrir, voire me toucher. Son mari Julien, en revanche, ne m’a fait ni chaud ni froid. Il ne m’a pas spécialement énervée (bon quand même un peu) et encore moins attendri. Le fait que Maupassant en ai fait un personnage a priori peu sensible et engagé fait que le lecteur le ressent et ne parvient pas à ressentir grand chose vis-à-vis de lui. Il est distant avec Jeanne et j’ai donc ressenti qu’il était distant dans le roman en général. Néanmoins, il est l’un des piliers de la vie de la jeune femme et par la même occasion dans le roman.

« (…) et elle sentait entre elle et lui comme un voile, un obstacle, s’apercevant pour la première fois que deux personnes ne se pénètrent jamais jusqu’à l’âme, jusqu’au fond des pensées, qu’elles marchent côte à côte, enlacées parfois, mais non mêlées, et que l’être moral de chacun de nous reste éternellement seul par la vie. »

J’ai beaucoup aimé les personnages de « petit père  » et « petite mère », les parents de la protagoniste. Des gens dont la personnalité en a fait des personnages attachants, ceux qui m’ont le plus touché personnellement.

l’auteur ai su décrire les sensations de Jeanne avec tact et justesse. Ses questionnements, ses doutes, ses craintes m’ont eu l’air justifiées et bien décrite pour une jeune femme de sa condition. On peut sentir  quelques touches d’humour et d’ironie quant à la description de certaines scènes et de certains personnages qui sont très appréciables et rajoute de la vitalité au récit. Maupassant a une plume très agréable, l’histoire est tout à fait accessible par tous, pas de tournures de phrases saugrenues et complexes. Néanmoins, j’ai trouvé pas mal de longueurs quant aux descriptions, des paysages notamment. Une belle poésie traverse l’écriture de l’auteur, mais parfois lassante…

Une vie est un roman qui sait vous montrer en quelques pages à quel point une existence entière est vite tracée et vite terminée. Maupassant sait faire passer des années et des années en presque seulement 300 pages, sans pour autant qu’on ait l’impression de prendre le TGV. Le roman est teinté de pessimisme, ce qui est fidèle à l’époque. Ce n’est pas une lecture joyeuse qui vous mettra du baume au cœur, mais l’auteur a su me tenir en haleine tout au long de la vie de Jeanne. J’ai beaucoup aimé cette lecture et pourtant je m’y plongeais avec un peu d’appréhensions, moi qui n’ai pas l’habitude de lire des classiques. Pourtant aujourd’hui j’ai même envie de lire quelques romans historiques de cette époque qu’est le 19ème siècle. Je pense que ma prochaine lecture de classique sera le fameux Orgueil et Préjugés de Jane Austen dont j’ai tant entendu parler. Même si vous n’êtes pas un adepte des classiques, je vous conseille cette lecture. Elle saura peut-être vous réconcilier avec le genre, surtout si comme moi vous avez des préjugés concernant le style d’écriture!

« On pleure parfois les illusions avec autant de tristesse que les morts. »

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