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Nos étoiles contraires de John Green.

written by La Vie Couleur Jade 31 mai 2017

Auteur: John Green

Edité chez: Nathan

Publié en: Février 2013

« J’ai compris alors que les hommes ne peuvent se satisfaire de rêves réalisés, car il reste toujours l’idée que tout peut être refait, en mieux. »

Résumé:

Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie. Puis Hazel et Augustus allaient à Amsterdam rendre visite à l’auteur de une impérial affliction (Peter van Houen), mais par par malchance l’auteur n’était pas de bonne humeur…

Mon avis:

J’ai entendu parlé de ce livre des centaines de fois depuis sa sortie mais je n’ai jamais voulu le lire. Trop peur de pleurer, trop peur du sujet principal, trop peur de tout. Finalement en recherchant des livres d’occasions sur le net, j’ai trouvé une offre à 3 euros pour celui-ci. Je me suis lancée et quelques heures après son acquisition je me suis mise à le lire. J’ai lu, encore et encore, tant et si bien que je l’avais terminé 24 heures plus tard.

Dans Nos étoiles contraires, l’auteur aborde le sujet tabou de la maladie. Pire encore, de la maladie chez les enfants et il le fait avec un humour noir exquis et des tournures de phrases magnifiques. Autant dire que cela ne coule pas de source et que John Green a fait preuve, à mon sens, d’un véritable talent au fil de ces pages. Marier maladie, mort et humour, ça n’est pas donné à tout le monde. J’ai tenu à insérer un passage du livre dans mon article (pas de spoil ne vous inquiétez pas) car je trouve que c’est celui qui illustre au mieux l’ambiance et l’humour que l’auteur y instaure:

« Voilà comment ça se passait au cœur du cœur de Dieu : notre groupe de six, sept ou dix arrivait à pied ou en chaise roulante, piochait dans un malheureux assortiment de biscuits et se servait un verre de limonade, avant de prendre place dans le cercle de la vérité et d’écouter Patrick leur débiter pour la millième fois le récit déprimant de sa vie.- comment il avait eu un cancer des testicules et aurait dû en mourir, sauf qu’il n’était pas mort et que maintenant il était même un adulte bien vivant qui se tenait devant nous dans la crypte d’une église de la 137e ville d’Amérique la plus agréable à vivre, divorcé, accro aux jeux vidéo, seul, vivotant du maigre revenu que lui rapportait l’exploitation de son passé de super cancéreux, futur détenteur d’un master ne risquant pas d’améliorer ses perspectives de carrière, et qui attendait, comme nous tous, que l’épée de Damoclès lui procure le soulagement auquel il avait échappé des années plus tôt quand le cancer lui avait pris ses couilles, mais avait épargné ce que seule une âme charitable aurait pu appeler « sa vie ».
ET TOI AUSSI, TU PEUX AVOIR CETTE CHANCE ! »

A vrai dire, je pensais pleurer tout du long. Tous les avis que j’avais lus rendaient ce livre bouleversant. Pourtant, j’ai surtout beaucoup ris dès les premières pages. Bon j’ai aussi failli pleurer pas mal de fois. Mais bon sang ce que j’ai ri!

Les deux personnages principaux sont touchants et leur caractères sont très bien définis par l’auteur. Rien de cliché, de stéréotypé, au contraire je trouve qu’Hazel et Augustus ont deux personnalités très originales. J’ai surtout aimé Hazel, avec sa perspicacité, son humour noir et son cynisme.

« -Je peux te revoir? a-t-il demandé d’un ton qui trahissait une inquiétude charmante.

J’ai souri.

-Bien sûr.

-Demain?

-Attention, ai-je rétorqué. Tu risques de passer pour un impatient.

-C’est pour ça que j’ai dis demain, a-t-il répliqué. J’ai déjà envie de te revoir maintenant. Mais je vais m’obliger à attendre toute la nuit et une bonne partie de la journée de demain. « 

Le cancer est abordé de manière très différente de ce dont on a l’habitude. Pas de glorification ni de pitié au contraire, John Green dénonce à travers son oeuvre l’hypocrisie récurrente qui englobe la maladie. Il n’hésite pas à entrer dans le vif du sujet avec ses personnages, nous montrant quelques facettes du cancer que les gens préfèrent ignorer, oublier, renier. Nous sommes plongés dans le quotidien d’Hazel, jeune fille de 16 ans, qui elle aussi rêve de vivre sa vie mais sait qu’elle mourra avant les autres. Je trouve que l’auteur à magnifiquement bien retranscrit les sentiments que l’on pourrait avoir dans cette situation et toutes les conséquences qui en découlent, même si je ne peux que l’imaginer.

« Je suis une grenade dégoupillée et, à un moment donné, je vais exploser. Alors j’aimerais autant limiter le nombre de victimes, ok?

C’est un livre bouleversant et l’auteur nous plonge à la perfection en plein cœur du sujet. Pourtant il avoue à la fin de son oeuvre, dans les remerciements, avoir donné des renseignements fictifs sur la maladie. Finalement cette lecture m’a appris quelque chose. Je me suis rendu compte au fil des pages qu’il ne servait à rien d’avoir peur d’une chose qui n’était, par chance, pas une réalité pour moi. C’était même stupide. Se contenter de ce que l’on a sans craindre ce qui n’a pas lieu d’être, c’est tout ce que nous devrions faire finalement, car d’autres n’ont pas notre chance. John Green nous balance une réalité difficile en pleine tronche et arrive à nous en faire rire, à nous faire compatir, comprendre (dans la mesure où on le peut) et pleurer.  C’est une merveilleuse leçon de « sois heureux de ce que tu as ». Nos étoiles contraires est avant tout une histoire d’amour, entre deux jeunes qui se battent pour avoir la chance de s’aimer le plus longtemps possible. Je vous le conseille vraiment et n’oubliez pas la boîte de mouchoirs car vous allez sûrement pleurer: autant de rire que de peine!

 « Tu es trop occupée à être toi-même, tu ne réalise pas que tu es exceptionnelle. »

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