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Mon chemin vers le végétarisme: Un an après, les dessous de ma transition.

written by La Vie Couleur Jade 21 juin 2017

Les photos de cet article sont de Fa Bzz

Quand je regarde les youtubeuses ou que je lis certaines blogueuses végétariennes ou végétaliennes, je remarque toujours la même chose: Toutes, ou presque, dise n’avoir eu aucune difficulté à arrêter de manger de la viande. « Honnêtement, mes convictions sont plus fortes, j’ai arrêté du jour au lendemain sans peine, maintenant je vomis quand je sens de la viande à 3km! ». Bon ok, j’exagère, mais je suis sûre que vous connaissez ce sentiment vous aussi. Celui qui vous fait vous sentir comme une m*rde… J’avais besoin d’écrire cet article depuis un petit bout de temps. Je ne sais pas si c’est pour évacuer ma culpabilité (je vous en parle après), ou pour remettre les choses au clair. Mais bref!

J’ai décidé de « devenir végétarienne » peu avant l’été 2016, soit il y a un an environ. J’aurais pu vous faire un tas d’article sur le blog depuis, pour vous parler de cette transition mais j’avais envie d’avoir du recul. Pourquoi je mets des guillemets à « devenir végétarienne »? Parce que, un an après, je suis encore loin de l’être! Même si je crois dur comme fer à ce que je dis et pense concernant toutes les raisons pour lesquelles je ne veux plus manger de viande, c’est loin d’être une chose facile pour moi. Ça a été une année assez frustrante et parfois culpabilisante. Ma première culpabilité concerne les étiquettes et ce besoin constant d’étiqueter les gens mais aussi de s’en coller soi-même sur le front. Je m’explique: Il y a quelques temps, si vous alliez sur mon compte Instagram par exemple, où encore si vous me suivez à une soirée vous lirez/entendrez que je suis végétarienne et parfois même de ma bouche. Parce que souvent, il est difficile au court d’une conversation d’expliquer tout le mouvement que j’essaie de mettre en place dans ma vie. Et quand tu refuses un morceau de viande à table les gens te catalogue directement: végétarienne. Personnellement je préfère dire « Désolée je ne mange pas de viande » mais finalement pour beaucoup ça revient au même. Quand on te demande si tu es végétarienne les gens s’attendent à un oui ou à un non. La vérité serait plutôt « Je ne mange pas de viande, sauf cas d’urgence (je m’explique plus loin), je mange un peu de poisson, je n’achète plus rien qui provient de l’animal en ce qui concerne les vêtements, la cosmétique, etc, je mange des œufs mais uniquement ceux des poules de mes beaux-parents, je ne bois plus de lait animal… » Vous avez saisi? C’est beaucoup plus complexe que ça, le mode de vie que j’essaie d’avoir depuis un an. En réalité, j’en ai pas mal rien à faire d’être végétarienne ou pas. J’ai arrêté d’apporter de l’importance aux mots. Et j’en ai assez de devoir me coller des étiquettes pour satisfaire la curiosité des gens car j’ai remarqué que ça éloignait de la vérité et même que je me mentais à moi-même. Hors, comme le disait Gandhi: « Le secret du bonheur, c’est l’alignement entre ce que vous dites, ce que vous pensez et ce que vous faites. » et j’ai vraiment envie de suivre cette ligne là désormais. Donc je suis loin d’être végétarienne. Mais j’aspire toujours à le devenir.

C’est là que j’aimerais aborder ce sujet avec vous: l’hypocrisie de la bonne cause. Car j’entends et lis souvent des gens se vanter de la facilité avec laquelle elles sont devenues végé/vegans, je me sens parfois vraiment minable. Parce que vous savez quoi? C’est loin d’être facile en ce qui me concerne. Mais j’aime me dire que tout combat qui est facile n’est pas aussi glorieux qu’un combat durant lequel on en a bavé. J’en tire moins de fierté (ou alors j’essaie juste de trouver quelque chose à quoi raccrocher ma fierté). Attention, je sais que mes propos peuvent paraitrent agressifs, je ne blâme personne au contraire, je joue la carte de la sincérité aujourd’hui et je me blâme presque moi-même. Bravo à tous ceux qui se sont détachés de ce mode de consommation cruel, c’est super. Personnellement il m’arrive encore de faire des écarts. Un Macdo entre pote quand aucune autre alternative se présente, ou juste un craquage devant un barbecue (bien que cette situation soit extrêmement rare, ça a dû m’arriver une fois). Alors sûrement que certains ne seront pas d’accord avec moi, car je ne suis pas d’accord avec moi-même mais comme je le dis, aujourd’hui on joue la carte de la franchise!

Ce qui me pose le plus de problèmes à vrai dire en voulant arrêter la viande, c’est la vie sociale. Quand on est entouré de personnes qui mangent de la viande, ce qui est mon cas, c’est difficile de sortir au restau’ en dernière minute et difficile d’aller manger chez les gens sans manger une assiette de pâtes au sel parce que le reste c’est de la viande. En bref le mode d’alimentation peut faire impasse à la vie sociale et ça je ne veux pas. Voilà aussi pourquoi j’ai fais des écarts. Surtout que moi, et vous le savez si vous avez lu mon premier article concernant le végétarisme, j’aime la viande! J’adore et non, honte à moi, ça ne me dégoûte pas. C’est pour ça que je suis capable d’en manger encore alors que je sais que certains sont écœurés. Je sais d’où elle vient etc et c’est bien pour ça que je ne veux plus en manger mais c’est un peu une lutte contre moi-même vous voyez. Une lutte contre mes envies. Donc ça amène de la frustration, surtout en ce moment avec tous les barbecues qui sont de sortie. Mais je tiens le bon bout, je vais y arriver, seulement je prends mon temps et j’ai décidé de ne plus me coller d’étiquette et de ne plus prêter attention aux jugements des gens. Parfois je ne comprends juste pas et j’ai l’impression que les convictions deviennent un jeu d’apparence. Un jour j’ai travaillé avec une fille dans un magasin. On faisait l’inventaire des saucissons et cette fille est vegan. Elle a refusé de toucher le saucisson. Genre, elle a pris une mine dégoutée et tout. Sérieusement, je suis la seule à trouver que c’est vraiment exagéré? Comment si avant de devenir végé/végan on avait jamais touché de saucisson de notre vie! Ou peut-être que mes convictions ne sont pas assez fortes? Enfin bref, tout ce que je veux vous dire, si vous aussi vous entamez une démarche, une transition de n’importe quel genre, c’est de faire votre bout de chemin seul. Sans vous culpabiliser, sans vouloir à tout pris rentrer dans un moule précis même si le sentiment d’appartenance est omniprésent chez l’Homme et qu’on a envie de crier haut et fort ses convictions. Moi j’ai fais cette erreur et j’ai compris aujourd’hui que je n’étais pas sincère avec moi-même. Je continue ma démarche, je suis sur le bon chemin.

Comme vous l’aurez compris je me suis un peu blâmée moi-même dans cet article et peut-être même que j’avais surtout besoin de l’écrire pour moi. C’est un peu le début d’une nouvelle résolution que je prends: Toujours être honnête avec soi-même et ne plus prêter attention aux jugements des autres. J’en ai marre de me culpabiliser alors que je sais, que de toute manière, au moins j’essaie de faire mieux. J’essaie de ne plus participer à ces actes de cruauté envers les animaux, j’essaie de rendre service à ma planète et aux hommes. C’est le principal. Mais c’est vrai qu’on a tous tendance à critiquer les faux pas des autres et à ne jamais voir le positif qu’ils ont apportés…

Et vous, vous en pensez quoi? 

4 comments

Faut-il manger les animaux? De Jonathan Safran Foer. 28 juin 2017 at 14 h 05 min

[…] parce que je me suis beaucoup reconnue dedans et cela reflète un peu ce que je vous disais dans cet article. Ce livre ne contient pas uniquement des enquêtes, des témoignages… L’auteur y […]

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Floly 22 juin 2017 at 16 h 01 min

Perso j’admire ton courage et ta persévérance pour changer ton mode d’alimentation selon tes valeurs. Je serai bien incapable d’en faire autant, peu importe que ce soit la viande, le sucre, le gluten… J’aime trop manger XD
Mais je comprends ce que tu veux dire par la vie sociale, j’ai été confronté à ça lors de mon anniversaire. Ma meilleure amie est végétarienne or on a fait raclette….elle n’a pas pu manger que les patates avec de la salade… Ce n’est pas évident de concilier les habitudes alimentaires lorsqu’on est nombreux….
Continue ton chemin, tant qu’il te convient et qu’il est à ton rythme !!

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Lara 21 juin 2017 at 15 h 05 min

Je suis complètement d’accord avec toute la difficulté du côté social. C’est d’ailleurs pour ça que je mange du poisson. A la maison c’est extrêmement rare, mais, a l’extérieur, s’il n’y a pas d’option végétarienne, je vais toujours choisir le poisson. Alors, c’est vrai, il m’est arrivé 2 ou 3 fois au court de cette dernière année de manger du poulet. Je trouve ça bon, ça ne me dégoûte pas, mais je n’ai ressenti aucun plaisir à en manger. Donc finalement, ça ne sert à rien pour moi de continuer à en manger.
Par contre, je ne remplace pas vraiment la protéine dans mon alimentation quotidienne. Je prends comme tu le sais un peu de spiruline, mais ça s’arrête la. Il faudrait que je me penche plus sur la question, mais pour l’instant ça me va comme ça, je ne ressens pas de manque !
C’est toujours compliqué d’expliquer aux autres son mode d’alimentation : je ne mange pas de viande, mais di poisson si, j’évite au maximum le lait de vache, mais je mange parfois des oeufs…
Bref, je n’ai pas vraiment de fin à ce commentaire, alors je te fais simplement des bisous !

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La Vie Couleur Jade 21 juin 2017 at 15 h 38 min

Merci pour ton commentaire 🙂 Concernant les protéines ce n’est pas difficile de les remplacer il suffit de s’y pencher. Le jour où tu auras envie de le faire dis-le moi je me ferais un plaisir de t’éclairer 😉 Bisous!

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