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Faut-il manger les animaux? De Jonathan Safran Foer.

written by La Vie Couleur Jade 28 juin 2017

Photo: Fa BBZ

Auteur: Jonathan Safran Foer

Edité chez: Points

Publié en: Février 2012

« Jusqu’à quel point une pratique culinaire doit-elle être destructrice avant que nous décidions de manger autre chose? Si le fait de savoir que l’on contribue aux souffrances de milliards d’animaux qui mènent des vies misérables et (bien souvent) meurent dans des conditions atroces ne parvient pas à nous motiver, qu’est-ce qui le fera? Si le fait d’être le premier contributeur à la principale menace qui pèse sur la planète (le réchauffement climatique) n’est pas suffisant, qu’es-ce qui le sera? Et si vous avez envie de repousser ces questions de conscience à plus tard, de dire « pas maintenant », alors, quand? »

Depuis ma récente remise en question concernant mon alimentation j’ai retrouvé une certaine motivation pour lire et continuer de me renseigner sur la cause animale. En général je fonctionne par période de lecture (thrillers, jeunesse, naturopathie, etc…). En ce moment je traverse la phase « cause animale, végéta*isme ». Mon chéri a eu la gentillesse de m’offrir Faut-il manger les animaux qui était dans ma PAL et j’ai tenu à vous le présenter aujourd’hui.

Résumé:

Comment traitons-nous les animaux que nous mangeons? Convoquant souvenirs d’enfance, données statistiques et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer interroge les croyances, les mythes familiaux et les traditions nationales avant de se lancer lui-même dans une vaste enquête.
Entre une expédition clandestine dans un abattoir, une recherche sur les dangers du lisier de porc et la visite d’une ferme où l’on élève les dindes en pleine nature, J.S. Foer explore tous les degrés de l’abomination contemporaine et se penche sur les derniers vestiges d’une civilisation qui respectait encore l’animal.
Choquant, drôle, inattendu, ce livre d’un des jeunes écrivains américains les plus doués de sa génération a déjà suscité passions et polémiques aux Etats-Unis et en Europe.

Je ne savais pas vraiment ce que j’allais trouver dans ce livre avant de le commencer ni sous quelle forme l’auteur allait aborder la chose. Finalement je suis entrée assez rapidement dedans car Jonathan S.F ne traîne pas en longueur. L’auteur commence par quelques pages concernant sa prise de conscience, sa transition un peu laborieuse au végétarisme, en parlant de la force de ses convictions pas toujours exemplaire… Et j’ai adoré cette partie du livre parce que je me suis beaucoup reconnue dedans et cela reflète un peu ce que je vous disais dans cet article. Ce livre ne contient pas uniquement des enquêtes, des témoignages… L’auteur y raconte aussi son histoire, sa relation à la nourriture, à sa famille, ses doutes et croyances… C’est aussi un témoignage émouvant d’un homme qui se questionne.

« Je me suis cantonné à exposer l’impact de nos choix alimentaires sur l’écologie de la planète et sur la vie des animaux, mais j’aurais tout aussi bien pu consacrer tout mon livre à la santé publique, aux droits de la main-d’oeuvre, à la disparition des communautés rurales ou à la misère mondiale. Autant d’éléments qui sont profondément affectés par l’élevage industriel. »

L’auteur raconte ses visites d’abattoirs, d’élevages industriels ou non, ses rencontres au fil des pages et ses ressentis. Ce que j’ai particulièrement apprécié c’est le fait qu’il ne donne pas la parole uniquement à des activistes ou à des végétariens. Il l’a donne à des éleveurs, des employés d’abattoirs… Comme il le dit au début du récit, ce livre n’est pas un plaidoyer pour le végétarisme Il est plutôt basé sur l’élevage industriel et ses conséquences. C’est un ensemble de connaissances, de références, de témoignages… Qui permet de comprendre beaucoup de choses sur divers sujets. Moi qui pensais être relativement bien renseignée sur les méthodes d’élevage, les conséquences etc, j’ai appris énormément de choses. Ce livre nous permet de nous questionner, de nous mettre face à des paradoxes de l’humanité: Un végétalien qui construit des abattoirs? Une végétarienne qui a un élevage? L’écrivain nous force à aller plus loin dans nos réflexions, à nous poser les bonnes questions et surtout à nous ouvrir un peu plus.

« Les gens se focalisent sur la dernière seconde de vie. Je voudrais qu’ils s’intéressent à l’existence entière des animaux. »

En bref, c’est une lecture vraiment intéressante et pas seulement pour les végéta*iens loin de là! Comme je l’ai dit plus haut l’auteur n’a pas du tout pour but de convertir. Il a pour but de renseigner, d’afficher des réalités inconnues du grand public. C’est pour cette raison que je pense que toute personne confondue devrait le lire. Quelques longueurs et des répétitions à certains moments mais rien d’insurmontable. J’ai adoré et pourtant j’ai eu beaucoup de mal à le terminer, la fin à été difficile. Pas à cause de l’ennui ou d’un défaut d’écriture, seulement parce que ce livre est aussi très dur. Des scènes et des pratiques choquantes y sont décrites et pourtant l’auteur n’a ajouté aucun sensationnalisme pour rendre les choses plus dramatiques qu’elles ne le sont déjà. Juste des vérités difficiles à regarder en face et à accepter. Conditions de vie des animaux d’élevage, méthodes d’abattage, dérives, conditions de travail des employés, écologie… Des choses juste terriblement réalistes qui m’ont fait sauter quelques passages car j’avais compris, et j’avais du mal à supporter dans lire plus. Encore une fois à aucun moment l’auteur n’en rajoute des tonnes pour avoir plus d’impact sur son lecteur. Les choses sont dites avec beaucoup de simplicité mais à quoi bon mâcher ses mots ? 

« […] l‘industrie de la viande sait que plus les gens en découvriront sur ce qui se passe dans la zone de tuerie, plus ils risquent de ne pas manger de viande. »

J’ajouterai une petite mention « attention » car du fait de tout ce que j’ai appris dans cette lecture et du fait que j’ai été littéralement transportée par ce livre, je me sentais parfois tomber dans « l’extrémisme ». J’ai compris les réactions vives et parfois violentes de certains activistes, même si je ne les cautionne pas. Moi-même par moment je me suis surprise à penser des choses, à en vouloir aux omnivores et à leur mode de consommation. Cette lecture m’a beaucoup fait avancer dans ma réflexion. Mes convictions et mes connaissances ont fait un énorme bond en avant. C’est un immense coup de cœur, un livre qui a certainement marqué ma vie.

« Parfois, nous devons simplement prendre une décision parce que notre conscience nous dit que c’est juste. » Martin Luther King Jr

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